Salut,

Enfin vous avez entre les mains le sampler de la solidarité avec les prisonniers de Strabourg, les hitoires qui s‘en suivent rempliraient un livret à elles seules, mais nous ne voulons pas vous infliger cela…

Nous somme content que cela ai marché de toutes façons et nous voulons contribuer à couvrir les frais élevés qu‘entrainent l‘antirepression et la prison.
Beaucoup de gens se sont impliqué pour ce CD, un nombre incalculable de groupes nous ont envoyés leurs chansons ou leur accord pour les utiliser. Beaucoup de remerciements vous sont adressés !

Ce livret est un ensemble de textes écrits depuis la prison de Strasbourg. Les prisonniers nous racontent, à nous qui avont eu la chance de ne pas tomber pendant les protestsations contre le sommet de l‘OTAN en 2009 et finir dans une prison surpeuplée, leurs sentiments et leurs réflexions.

Ce CD montre du doigt les incidents policiers de Strasbourg, les prisons en géneral et le système de bonus-malus dans lequel nous sommes socialisés.

Mais maintenant nous devrions donner leur chance aux prisonniers de séxprimer – Écoutons attentivement !
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Salut les amis,

Cela fait plaisir de savoir que vous pensez toujours a nous. Depuis plus de 3 mois que nous sommes coinces dans ce trou au nom affreux de “Maison d‘Arret de Strasbourg”. Combien de temps nous reste t‘il a tirer avant de voir le jour est difficile a deviner et encore plus a generaliser. Certains attendent leur proces en appel, d‘autres ont acceptes le jugement, les autres sont en detention provisoire.
Plus particulierement pour ces derniers, il est quasiment impossible de deviner combien de temps ils resteront encore.

Encore plus important pour nous est que votre solidarite reste forte. Beaucoup de gens, beaucoup d‘endroits – si vous envoyez des lettres, livres, magazines, journaux, des informations et tout ce qui peut rendre un peu moins gris ces murs – tout cela nous rechauffe le coeur, tout nous aide, tout est important.
Ce CD fait partie de cet ensemble de choses importantes, encourageantes et soutenantes.
D‘un cote cela rend publique notre situation et en cela c‘est un outil qui porte notre parole a nous, prisonniers, mais aussi un tel projet creatif, musical et solidaire est toujours un pont entre la politique et les cultures alternatives. La motivation se trouve ici grace a l‘un de nos sujets communs au dehors qui se traduite par cette abrevation : DIY, si tu veux t‘exprimer Do It Yourself.
A l‘inverse de ce que certains pourraient suspecter, nous ne lancons pas ici un nouveau slogan publicitaire d‘un de ces hommes bien presentes que l‘on voit a la tele dans les programmes du matin, non, le terme dont nous parlons nous vient directement du debut du mouvement Hardcore.
Degoutes des inegalites, de la malhonnetete des elites politiques et de leur lethargie, de la morale chretienne-conservatrice, de plus en plus de jeunes forment des groupes. Auto-organises, radicaux et avec le desir de tout renverser, ils expriment leur rage a travers leur musique et leur style de vie.Pissed by the balance of power, the untruthfulness of a political elite and their parents‘ lethargic, christian-conservative moral concept, many young people formed countless bands. Des concerts ont ete organises, des disques presses, des pochettes concues et des labels fondes, et le tout de leurs propres mains. En ces temps la le phenomene etait completement nouveau. Au dela de tout les mauvais cotes de ce jeune mouvement, comme par exemple l‘homophobie latente a la “Bad Brains”, enormement de gens se sont politises et l‘idee du DIY a commence sa marche triomphale pour devenir un croisement de la politique et de la contre-culture. De cette maniere, de nombreux activistes se sont connectes, et continue de se connecter, au monde. L‘ouverture a une maximum de gens et d‘inspirations, l‘orientation populaire, tout comme la base anti-capitaliste, ont participes au developpement progressif de cette contre-culture, conduisant ainsi – au moins un certain temps – a un depassement des comportements extremistes comme le racisme, l‘homophobie, le racisme et l‘antisemitisme. Apres plus de 30 ans, le DIY ne saurait toujours pas se resumer a un simple tatouage, a un patch cousu sur le pantalon avec le “A” entoure, a boire le plus d‘alcool le moins cher possible ou a mettre des “-ismes” un peu partout. Pour nous, le DIY est toujours synonyme de rage contre l‘etat de fait et de sentir le desir d‘organiser nous memes nos vies. C‘est une element, une possibilite, pour contrer l‘hegemonie, une tentative d‘evasion hors de la discipline de la machine capitalistique. Seule une politique qui sera capable de combiner ses edifices theoriques avec la vie, l‘amour, le joie, la (contre-)culture et qui serait capable de rester ouverte au changement, a un futur.

En gardant cela a l‘esprit, nous esperons que vous apprecierez ce CD.
Plaisir contre hostilite et pour un changement radical.
Notre creativite contre la repression…

Collectif de la Prison 67
Strasbourg, le 2 juillet 2009
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La musique a toujours été un moyen d’exprimer son mécontentement. Des générations s’en sont inspirées et s’en inspirent encore dans leur lutte contre le système en place ! Il est bon que certains et certaines préfèrent passer leurs critiques et leur dissension à travers la musique au lieu de brader leur art dans le sens du vent, dans le but de faire du profit.

D’une certaine manière, nous leur devons aussi de pouvoir nous lever et résister plutôt qu’être affaléEs sur le canapé à ne rien faire le vendredi soir.

Trois mois se sont maintenant écoulés depuis les manifestations anti-Otan. Cela fait du bien de savoir qu’il se passe (toujours) des choses au-dehors. Ici, nous nous sentons souvent d’aucune aide et exposéEs à la répression gouvernementale : non seulement à l’arbitraire des gardiens mais aussi à l’arbitraire de la justice pervertie, partie du système punitif, que nous vivons jour après jour. En fait, nous nous sentons comme dans une énorme bulle avec son échelle temporelle propre, ses propres règles et ses mauvaises habitudes bien à elle.

Pour nous, le soutien extérieur est une sortie de quelques minutes hors de ces murs omniprésents.
Merci beaucoup à celle et ceux, familles, amiEs ou camaradEs, qui ont pris le temps de nous soutenir en envoyant lettres et paquets.

Nous considérons que l’Otan est une organisation criminelle qui produit la crise où qu’elle aille, déstabilise des régions entières, laisse des populations mourir de faim, leur ôte la dignité et tue directement ou indirectement à l’échelle mondiale.

Merci à celles et ceux ayant travaillé à la réalisation de ce CD de soutien, ou l’ayant acheté. ChacunE, à sa manière renforce la solidarité autour de nous.
Continuons le combat !
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Une déclaration depuis la taule

Le sommet de l‘OTAN est passé depuis plus d‘un mois, et presque personne ne se souvient des contestations, voire de leurs raisons. Pendant le sommet, beaucoup des manifestant_es qui participaient aux protestations on été placés en garde à vue. Certains d‘entre eux ont été condamnés de façon arbitraire en édure accélérée à des peines de prisons avec ou sans sursis. Selon le président Sarkozy, le but de ces procès était de statuer un exemple, on a voulu condamner et criminaliser le mouvement antimilitariste et de paix. Plus d‘un mois après les arrestations, opposant-e-s au sommet emprisonnés ont souhaité réaliser une déclaration commune. Ils y expliquent leurs motivations pour participer à la contestation du sommet de l‘OTAN et décrivent leur situation en prison et la solidarité qu‘ ils reçoivent.

Le bellicisme est célébré – qui s‘y oppose, est foutu en taule

Déclaration de quelques prisonniers après le sommet de l‘OTAN à Strasbourg.

Les choses ne marchent pas vite en prison. Quand on veut écrire une lettre, il faut d‘abord commander des timbres et du papier. Pour cela, il faut de l‘argent. Et même si tu peux disposer d‘argent, tu peux attendre longtemps avant l‘arrivée de a commande. Toutes les lettres sont ouvertes et probablement lues, ça aussi, ça prend du temps. Les informations ne passent que très lentement vers l‘intérieur et vers l‘extérieur. Ainsi, ce n‘est que maintenant que nous prenons la parole.

et hop – tu n‘es plus en liberté!

Quand l‘OTAN a voulu fêter son anniversaire les 3 et 4 avril 2009, elle n‘était pas seule. En France, des dizaines de milliers de personnes se sont déplacés pour descendre dans la rue contre l‘alliance de guerre. Des milliers de policiers Français et Allemands ont été déployés. Le pacte de Schengen a été momentanément annulé et les centre-villes de Baden-Baden et Strasbourg ont été bouclés. A beaucoup, il a été interdit d‘entrer en France ou dans des pays limitrophes. Deux jours avant le sommet déjà, une manifestation contre la violence policère mortelle lors du sommet du G20 à Londres avait été entièrement encerclée et stoppée près de Strasbourg. Avant leur mise en garde à vue, les gens ont été pourchassés dans un petit bois avec des grenades à gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc. Deux personnes, qui marchaient tranquillement dans ce bois ont été attaquées aves des balles en caoutchouc. Ce faisant, la distance minimale de cinq mètres n‘était pas du tout respectée, ce qui aurait pu entraîner des conséquences mortelles. Une assistance médicale pour les blessés n‘a été fournie que le matin suivant, dans quelques cas.
Les jours suivants se sont passés de la même manière: plus de 350 personnes ont été arbitrairement placées en garde à vue, dont certaines ont dû passer plusieurs nuits dans des cellules surpeuplées, sans nourriture et, parmi eux, des blessés. La majorité a été relâchée, seules quelques personnes ont été touchées par l‘action arbitraire de la police: neuf personnes sont maintenant en prison depuis plus d‘un mois. Nous, qui écrivons ce texte, en faisons partie.

Justice aux ordres du président

Nous ne sommes ici que par hasard – n‘importe qui pourrait être ici à notre place. Les médias étaient déchaînés contre les casseurs. Le président a exigé publiquement que les coupables soient punis le plus sévèrement possible. La police et la justice ont été mis sous pression pour présenter des „succès“ de leur travail, quand les procès rapides avaient lieu deux jours après le sommet. C‘est ainsi que les accusations concrètes n‘ont pas joué un rôle majeur dans les procès. Les verdicts se sont largement appuyés sur le plaidoyer du procureur, dont l‘argumentation a été en grande partie fondée sur des suppositions ou allégations sans aucune preuve. On n‘a même pas tenté de donner l‘impression d‘un procès équitable. Il s‘agissait d‘un „professionnel“ qui „tient des discours devont la cour“ disait le procureur d‘un accusé. La preuve: Il n‘avait rien déclaré devant la police et s‘était deplacé de loin pour participer aux manifestations. Une autre personne était accusée de faire partie de „l‘organisation black block“. Il fallait encore faire savoir à la cour qu‘une telle organisation n‘existe pas.
Le but était clairement de statuer des exemples. Les propos de Sarkozy nous avaient faire craindre le pire auparavant. Les peines et la dureté des verdicts ont surpris nos avocats aussi, car il s‘agissaît de peines courantes – même si les accusations avaient été vraies.
Trois personnes ont été condamnées à des peines de prison ferme. personnes ont fait appel contre les verdicts. Plusieurs autres personnes ont été condamnées à des peines de prison sursis.Un allemand, condamné à trois mois de prison avec sursis, a été mis en rétention administrative 48 heures avant d‘être rendu aux autorités allemandes, à la frontière qui se trouvait à quelques kliomètres de là. Les six autres personnes qui sont ici n‘ont pas encore eu de procès. Quatre d‘entre elles vont comparaîle 5 mai – il faut s‘attendre à un nouveau cas de justice arbitraire. [commentaire: 3 personnes de Tours sont en liberté provisoire, une personne de Berlin a été condamnée à 6 mois de prison, une autre personne a été condamnée à un an de prison ferme + 2 ans avec sursis le 12 mai). Deux sont en détention provisoire pour quatre mois. Dans le journal populaire strasbourgeois les „DNA“ qu‘on nous laisse lire ici, on a voulu créer l‘impression que les „coupables“ des débordements du 4 avril ont été condamnés à des „peines justes“. Pour cela, on a volontairement fait omission du fait que trois des accusés avaient déjà été arrêés deux jours auparavant. A part cela, des citations du procès ont été présentées dans un contexte totalement manipulé. Le journal a aussi imprimé les noms complets et lieux de résidence des condamnés allemands. Dans un autre cas, on a dit d‘un accusé qu‘il aurait mord un policier et qu‘il aurait le SIDA. Ces propos étaient accompagnés d‘une photo qui montrait un des accusés de l‘autre jour, qui n‘a rien à voir avec ces accusations. L‘impact de telles informations est grave, surtout quand on sait que 90% des prisonniers ici lisent les „DNA “.

les pyromanes anges de la paix

Dans les reportages des médias sur la contestationavec tout ce qu‘ on sait ici – la critique justifiée de la politique de l‘OTAN s‘est complêtement perdue ou a volontairement été omise. En contrepartie, les hommes et femmes politiques qui participaient étaient présentés comme garants de la paix. Le „60ème anniversaire“ de l‘alliance de guerre était fêté de manière publique et présenté à tort comme une sorte d‘évenement des bienfaiteurs du monde occidental. Alors que l‘OTAN, à presque deux décades de la fin de la guerre froide, répresente comme aucune autre alliance militaire la course à l‘armement, la production d‘encore plus d‘armes et d`armes de plus en plus performantes et des armées de plus en plus mobiles qui peuvent imposer les intérêts des forces dominantes partout et à tout moment. Le prétexte actuel peut changer, que ce soit l‘imposition des droits de l‘homme, la chasse aux terroristes ou bien récemment la lutte contre les pirates de Somalie. Les vraies raisons des interventions restent cependant les mêmes: L‘extension des marchés libres, le contrôle de ressources et des matières primaires et les stratégies de domination géopolitique. Des participants au sommet de l‘OTAN sont responsables pour des milliers de morts partout dans le monde. L‘Iraq et l‘Afghanistan n‘en sont que les exemples les plus connus. Le papier stratégique de l‘OTAN „Sur une stratégie globale dans un monde incertain – renouveler le partenariat transatlantique“ qui, trés probablement, a été discuté au sommet, ne clarifie pas seulement les prochains lieux de guerre du traité de l‘Atlantique nord, il nomme aussi sans honte les raisons économiques (dont on a parlé avant) pour la présence militaire. L‘importance de l‘Afrique en ce qui concerne le manque de ressources, le changement climatique et le contrôle de la migration y sont soulignés. Une nouvelle stratégie militaire commune est proposée pour résoudre les questions brûlantes du 21ème siècle. Il n‘y a donc pas besoin de beaucoup de recherche pour démasquer l‘OTAN comme force de guerre qui tente de faire figure de policier mondial. L‘image produite dans les médias apparaît alors d‘autant plus bizarre. L`opinion est totalement manipulée, les états membres de l‘OTAN d‘un côté sont présentés comme „garants de paix“ et les manifestant-e-s sont diffamé-e-s comme agresseurs. Il n‘est donc pas surprenant que la guerre est relativisée et comparée aux débordements à Strasbourg. Il arrive que des barricades brûlantes soient mises au même niveau que les images de Beirut en flammes. Le reportage libre se tourne ainsi en farce. N‘importe ce que l‘on pense des débordements, le comportement des médias ne fait penser qu‘une chose: on veut détourner l‘attention des vrais pyromanes – l‘OTAN même.

En taule

Etant en taule, nous sommes d‘ une certaine manière loin du monde et quand même dans le monde. Ça a l‘air d‘être un paradoxe, mais c‘est surtout ici que les aspects négatifs de notre société se font remarquer. Le racisme d‘état et le contrôle total ne sont pas que des phenomènes en dehors des murs des prisons. La déportation, le fichage de donnée biometriques, la surveillance vidéo et la fouille dans les biens privés ne sont que quelques exemples qui sont aussi omniprésents en soi-disant liberté. L‘unité de police „IRISSE“ a été fondée uniquement pour réprimer des révoltes. Son dernier deploiment s`est passé en avril dans la prison de Mulhouse. Les prisonniers ont refusé de retourner dans leurs cellules après la sortie à l‘air. Les policiers sont équipés comme dans la rue et en manifs avec des taser, des bâtons et du gaz lacrymogène. La plupart des prisonniers que nous rencontrons est ici pour des délits mineurs: Utilisation de faux papiers pour éviter la déportation ou pouvoir travailler. Conduite alcoolisée. Vol et falsification d‘étiquettes, possession de quantités mineures de drogues. Beaucoup d‘entre eux ont été jugés en procès rapide comme nous et envoyés directement en prison, pour des mois ou même des années. La plupart est jeune originaire de l`immigration et des banlieues.Certains détenus ont expliqué que les „étranger-e-s“ reçoivent toujours les peines les plus sévères. Étant que prisonnier, on ne vit pas complètement mal. Les besoins fondamentaux comme se nourrir, être protégé du froid, pouvoir un minimum bouger, être au contact avec d`autres personnes et bénéficier d`une assistance médicale sont en gros garantis – au moins si on se comporte bien selon les normes.
Tout ici est portionné et rationné. Ça commence avec la nourriture, ca continue avec le temps qu‘on peut passer dans la cour et cela concerne aussi les informations rares. Certains des fonctionnaires sont des cons, d‘autres moins, mais on dépend toujours d‘eux, ils ont des droits d‘accès illimités à tout moment, on peut toujours être observé, toujours être pénalisé pour un comportement non conformiste.
Ce système totalitaire qui fait partie de toute taule est basé sur la puissance des surveillants et l‘impuissance des surveillés.
Nos libertés ici sont par exemple d‘aller ou ne pas aller au service religieux, sortir dans la cour ou pas. Déjà pour prendre une douche, la liberté s‘arrête. Qui ne prend pas sa douche au moment préscrit pour trois fois est mis en cellule d‘arrêt dans la cave. La température de l‘eau ne peut pas être choisie et dépend donc du hasard. Quand on a de l‘argent, on dispose de quelques libertés de plus: le choix d‘acheter ceci ou cela comme nourriture supplémentaire ou quelques autres biens de consommation. Au moins 100 prisonniers n‘ont pas d‘argent et ne peuvenet même pas acheter du savon ou des timbres. Ils dépendent donc entièrement de la bonne volonté des travailleurs sociaux ou du clergé. Mais ces faits ne sont que des gouttes d‘eau dans la mer. Dans la taule de Strasbourg, il y a plus de 700 prisonniers, sur une capacité normale de 450 places. Pour rendre possible cette surpopulation chronique, on met simplement des lits à étage dans la plupart des cellules individuelles. C`est ainsi que deux personnes doivent partager 9m2 – y compris les toilettes. La surpopulation n‘est pas un phénomène uniquement Strasbourgeois. En France, 63.521 personnes étaient en taule dans 200 prisons au 1er avril. La capacité totale n‘était que de 52.535 places. En Allemagne, les choses ne sont apparement pas trop différentes: En mars de cette année, la ministre de la justice du Land de Rhénanie du Nord – Westphalie a du admettre que les conditions de détention étaient en partie une atteinte à la dignité humaine – entre autres à cause de la surpopulation. **

Solidarité ohé!

Nous nous rendons vraiement compte que la solidarité sert à quelque chose. Non seulement les prisonniers de la contestation, mais aussi les nombreux autres s‘aident mutuellement: avec des informations, des sucreries, en s‘écoutant, en se donnant des conseils – et ça fait du bien. Nous sommes ravis des nombreux déclarations de solidarité dans différentes villes, de toutes ces personnes, qui nous soutiennent de manière publique, privée ou bien pratique. Si l‘ action arbitraire et la violence qui est menée contre nous font que des gens denscendent dans la rue et se rassemblent un peu partout, au-délà des frontières, l‘exemple qu‘ont voulu statuer les forces dominantes se transformera en son contraire. Nous sommes très contents, si maintenant en France et en Allemagne, et peut-être même au-délà de ces deux pays, se forme un réseau d‘antirépression à long terme. C‘est pour cela que c‘est toujours vrai: La solidarité doit devenir pratique, mais à l‘avenir surtout dépasser les frontières!

Quelques prisonniers de Strasbourg.

*DNA du 09 avril 2009
**Neues Deutschland du 20 mars 2009
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„Je veux le contrôle de ma personne et de ma vie.“--Compte-rendu par un prisonnier Anti-OTAN en France (trad. Dissent network)

Nous ajoutons en document le compte-rendu personnel d‘un prisonnier en france. Il rend compte, sans affirmer aucune analyse exhaustive, de la manière dont il gère la situation, la nature de la surveillance dont il est l‘objet, à paritr d‘experiences particulières, du pouvoir de l‘aide et de celui de la solidarité.

Messe du dimanche matin. Une grande salle appellée „salle multi-usage“, sans fenêtres et des trucs verts sur le tapis difficilement reconnaissable de la poussière. D‘épais et anguleux tuyaux entrent par le plafond à tous les angles, et l‘on s‘habitue vite au bruit de la ventilation. Sur le mur, quelques pièces d‘art de prisonniers naifs – construites, travaillées ou paintes, elles arrivent à mettre un peu de couleur dans la pièce. Il y a à peu près quarante prisonniers ici : devant à gauche, on trouve de vieux blancs qui viennent de “l‘étage des violeurs d‘enfant“, les noirs, les russes, les allemands, les jeunes alsaciens. Pour la majorité des prisonniers pourtant, ces chrétiens ne leur offrent rien; ce sont des enfants des banlieues, majoritairement originaires de pays arabes. C‘est l‘une des rares opportunités de voir et de rencontrer des prisonniers d‘autres parties de la prison. Malgrès le fait qu‘il n‘y a jamais assez de temps pour s‘assoir et parler, avant ou après la messe. Il y a des sujets bien plus importants à aborder, particulièrement pour ceux qui s‘assoient au fond. Les première fois j‘étais assez excité par le changement de lieu : une nouvelle pièce, des gens différents, écouter du français et peut-être apprendre une chose ou deux. Mais plus je comprend et reste assis dans cette pièce sans fenêtres sous la lumière des néons, plus ça me rend malade. Le simple fait d‘avoir à rester assis et écouter est déjà suffisement mauvais pour moi. J‘aurai pu rester dans ma cellule, mais j‘y passe déjà 20 heures par jour. Le prêtre dit que la prison est un test que dieu a fait pour nous, et que dieu est toujours avec nous pendant ce temps : Comme si ce n‘était pas le travail des gens qui nous y avaient amené : les agents de la justice, qui sont depuis Sarkozy, encore plus racistes et repressifs, et une société qui ne peut penser à rien de mieux qu‘enfermer des dizaines de milliers de personnes au lieu de s‘attaquer aux problèmes réels et à leurs racines.

Si ce n‘était que s‘assoir et mijoter là dedans, je pourrai le faire – et être injuste envers beaucoup de Chrétiens. Mais le fait est que je ne peux que penser que le rôle de l‘église est un de plus affirmant la ‚Domination‘ : C‘est une anbassade. Vous devez tout accepter maintenant et prier pour de meilleurs temps. Dieu vous veut pauvre. La chose la plus importante : ne faites rien d‘interdit, même si vous avez peu de chance d‘être en mesure de le faire

Je veux le contrôle de ma personne et de ma vie. Je ne veux pas être notifié par un juge ni testé par un dieu. Mais quelle opportunité ici de se prendre en main ? Ici où tout, y compris le mouvement lui-même, est contrôlé de manière si intensive ?

Grève de la faim ? Cela amène plus probablement à la nutrition forcée et affiablit le corps plus encore que la restriction de mouvement. On peut même perdre le contrôle de ses fonctions corporelles basiques. Résistance ? Récemment dans une autre prison, les prisonniers ont refusé de rentrer dans leur cellules après leurs exercices quotidiens. Après quelques heures, un groupe de police des forces spéciales (ERIS) est arrivé et a frappé tout le monde pour le forcer à rentrer dans leur cellule. Les supposés leader ont été mis en isolement ou au trou. S‘évader ? Murs, grilles, fils barbelés, caméras, tour de gué – Autant d‘obstacles qui donnent l‘apparence de l‘impossibilité.

La messe se termine et je suis terrifié par mes pensées. Nous discutons encore un peu mais devons bientôt sortir. Sur le chemin du retour à la cellule, il y a quatre barrières à passer. Avant chaque porte, on doit rester devant et danser devant les caméras jusqu‘à ce que que quelqu‘un, depuis un centre de contrôle invisible, appuye sur un bouton et les portes s‘ouvrent dans un claquement métalique. Arrivés à notre étage, le garde de jour nous enferme. Au début je disait souvent “merci“, simplement par habitude, comme si quelqu‘un me tenait la porte par gentillesse. C‘est devenu tellement vite “normal“ d‘être enfermé. Peut-être que je souhaitais tellement cette normalité que cela s‘exprimait dans mes gestes. Etre l‘égal de quelqu‘un, rester à côté d‘un pair – tenir la porte – -“Merci!“.

Retour dans la cellule. Deux personnes dans huit mètres carré : 20 heures par jour, manger, toilettes, exercices, lecture, laver son linge, dormir, tout dans huit mètres carrés. Deux mètres de large, quatre de long. La porte a une petite fenêtre, au travers de laquelle les yeux d‘un garde apparaissent régulièrement la nuit. A l‘autre bout de la cellule il y a la fenêtre, large et béante, avec double barreaux. De gros bareaux plus ou moins comme on les magine. Devant, il ya d‘autres barreaux très fins, très étroits, entre lesquels on peut passer à peine deux doigts. Quand vous entrez dans la cellule il y à deux tasses, sur la gauche un évier et des toilettes. Un mur fait de bloc de verre obscurcis par le lit superposé. Deux petites tables, deux chaises, une télévision. Rien de plus ne saurait entrer dans la cellules. Mon co-détenu est sympa, je l‘aime bien. Souvent c‘est bien agréable que nous soyions deux. Manger ensemble, parler de dieu et du monde, échanger des nouvelles du courrier ou n‘importe quoi, maudissant le juge où juste jouer… Mais 20h par jour ? Les seuls moments durant lesquels on ne se voit pas sont quand nous dormons, où quand l‘un de nous est assis sur les toilettes.
On sait chacun des mouvements de l‘autre. On peut difficilement regarder ailleurs, sans se regarder soi-même. Je suis rarement seul, et jamais plus de deux heures. C‘est là seulement que je me rappelle des choses qu‘autrement j‘aurai oubliées : on ne peut jamais être sûr d‘être seul ici. Ecouter constament le bruit des pas, le cliqueti des clefs dans le couloir, ou le grincement des portes menant à l‘escalier. Soudain un garde apparait dans la cellule, pour vérifier les barreaux ou apporter du courrier. On peut écrire une petite note avec le mot “Toilettes“ et la passer sous la porte pour ne pas qu‘ils rentrent, ou au moins qu‘ils frappent.

Bien sûr je ne pense pas tout le temps à la sécurité et la surveillance. Je l‘oublie, simplement, c‘est devenu un truc quotidien, quelque chose de “normal“. Alors ça devient supportable de rester ici. En fait cet oubli est important pour se protéger soi-même. Si je pensai constamment à ça, ça m‘aurai rendu dingue.

Combien d‘autres personnes sont-elles en situation d‘être ‚en dehors‘ de leur propre contrôle ? Je me réconforte en pensant que ça aurait pu être pire. C‘est vrai, nous avons assez à manger, un toit sur nos têtes, plus où moins d‘hygiène, quelque chose à faire comme le sport ou l‘école. Pour une bonne partie des gens dans le monde c‘est bien plus pourri que ça, et en dehors des prisons. Mais il n‘y a évidement pas d‘accpetation possible pour nos pauvres conditions de vie.

Le plus merveilleux se sont les lettres. Souvent avec des images et des photos mais surtout toutes les histoires, les infos, le plein de support, la confiance, l‘amour. Cela aide beaucoup, autant que de répondre à ces lettres. Heureusement, j‘ai beaucoup de merveilleux souvenirs, beaucoup de gens à qui j‘aime penser. Des idées pour le futur, les livres et les journaux sont aussi important pour moi : Beaucoup de suggestions et d‘idées sur « comment changer le monde ? », les livres que j‘ai toujours voulu lire, et un thème qui présente seulement quelques intérêts maintenant que je suis ici : l‘enfermement des êtres humains.

Une voix grésillante sort du haut-parleur au-dessus de la porte : « Pour les exercices dans la cours, pressez le bouton s‘il vous plait.» Souvent la voix est à peine perceptible, mais il y a peu d‘autres annonces. Nous sautons tout les deux du lit et appuyons sur le bouton, derrière la porte, dehors, une lumière rouge s‘allume. Nous nous préparons vite; nous ne savons pas dans combien de temps ils vont arriver. Souvent, nous restons assis un moment avant qu‘il se passe quelque chose. Dans le préau, nous devons attendre devant les portes dans le mur. Après quelques minutes, nous entendons « Allez ! » Serrer la main des amis : « Comment ça va? » « Ouais ça va. Et toi ? » « Bah j‘imagine comme d‘habitude, normal » Mené au bas des marches, suivi par un garde, au travers d‘un détecteur de métal et nous voilà dehors ! Entre des murs de fils barbelés, une porte donne sur les cours. La cour de gauche est la nôtre. Quand tout le monde est entré, la porte est fermée. Après plus ou moins une heure et demie, elle est rouverte. Notre cour a un peu de terrain encore vert. Marcher autour du périmètre nécessite à peu prés 150 pas : 50, 25, 50, 25 et ça se répète. Sur le côté un demi toit abrite de la pluie et du soleil, reposant sur des piliers en bétons. Un robinet fuit en permanence.

Sur le chemin de la rigole, on trébuche sur la « wetland » comme nous l‘appelons. En changement constant sur de petit aspects, chaque tour du peu d‘eau qui s‘échappe. Les journaux volent autour et flottent sur l‘eau. Il n‘y a pas de poubelle.

Le mur de béton qui encercle la cour fait un peu plus de deux mètres, au dessus duquel il y a encore deux mètres de grillage, avec un surplomb de notre côté. Accroché au surplomb on trouve le « fil OTAN » – c‘est à dire un fil barbelé d‘environ 80 cm de diamètre. La bande de métal est rivetée et a de petits barbelés et des clochettes. Le bâtiment principal de la prison surgit au dessus des murs sur trois côtés. Un bloc de 5 étages en béton dans le style Plattenbau (Architecture socialiste industrielle) qui ressemble à un fort vu de la cour. Au dessus des quatre murs règne la tour de gué. De temps en temps un prisonnier monte sur les épaules d‘un autre et atteigne une hauteur suffisante pour regarder dans l‘autre cour. La plupart du temps le garde de la tour ignore cela, mais parfois on les force a descendre à terre. Au dessus de la cour, un filet en acier empêche les évasions par hélicoptère.

C‘est souvent merveilleux de voir le ciel : les nuages qui circulent, le soleil, un couple d‘oiseau. Et si il pleut, c‘est aussi un bon sentiment. C‘est la preuve que nous sommes toujours dans ce monde. Quand je sens les gouttes de pluie, je m‘aperçoit que ce vaisseau spatial, ce complexe-prison coupé du monde extérieur est toujours sur terre. Quand je tourne dans cette cour, j‘ai le sentiment d‘être tombé dans une poche de temps en entrant ici.

Les premiers jours, trois mois auparavant, sont maintenant à une éternité d‘ici. En revanche, rien n‘a changé. Ce qui arrive, le peu qui se déroule sur une journée change rarement. Ce pourrait être hier, la semaine dernière ou il y a un mois. Et demain, la semaine prochaine, le mois prochain, pas grand chose n‘arrivera. Les jours passent vite, tout comme les semaines. Mais c‘est seulement l‘une des nombreuses semaines, quelques unes qui sont passées, d‘autres à venir.

Dans la cour, il y a quelque chose comme 20 prisonniers, parfois 40. Ils attendent debout, fument, discutent, s‘assoient sous le toit ou sur la pelouse, jouent aux cartes ou aux échecs. D‘autres font encore le tour, les 150 pas, toujours vers la droite. Il est rare que quelqu‘un aille dans l‘autre direction et beaucoup marchent le long du mur sans avoir à éviter les autres. Un groupe qui était dans le coin est venu me voir une fois, « ici on tourne dans cette direction, tu le fais mal. » Je pouvais à peine le croire : « C‘est bon pour l‘esprit de changer un truc de temps en temps , » tentai-je de leur expliquer (en anglais ndt.). Je ne sais pas si ils m‘ont compris.

Soudain au milieu de l‘après midi tout devient noir dans notre pièce (comme j‘appelle souvent notre cellule pour que ça sonne mieux à mes oreilles). Nous à l‘étage le plus élevé et au travers des barreaux il y a beaucoup de lumière qui passe. De sérieux nuages noirs ont apparu et se sont implantés. La pluie crépite sur le sol de la cour, s‘écrase contre le mur, accompagnés de tonnerre et d‘éclairs. Nous pressons notre nez contre les barreaux pour profiter du spectacle. Une centaine de fenêtres de cellules regardent les mêmes trois côtés de la cour. Chacune des fenêtres repose dans une espèce de niche qui donne à la façade un air alvéolé de ruche. Avec cette architecture, les fenêtres sont éloignées les unes des autres, obligeant à crier très fort pour que l‘on puisse entendre. Les voix sont distordues par l‘écho et confèrent au tout une atmosphère unique. Cet après-midi le ciel explose d‘orages violents. Un hurlement sauvage descend et devient de plus en plus fort, de plus en plus de prisonniers se joignent au jeu et commencent à crier « Ayayayayay! » ou d‘autres choses inintelligibles.

Dans d‘autres circonstances, si j‘avais eu à écouter un cri comme celui-là, j‘aurai sans doute regardé silencieusement, un peu embarrassé. Mais cette fois j‘ai rejoint le concert de cri contre l‘orage et la prison. Ce cri exulte tant de choses, le doute, le courage, la convoitise de la vie, la volonté de bouger librement, la haine de la prison, du juge, et tout ce qui nous a amené ici. Le profond désir de voir ces gens que nous ne sommes pas autorisés à voir. Par dessus tout, je sens une connexion, un sentiment partagés avec d‘autres dans les cris ou le silence, d‘autres dans le même bateau, contraints à partager le même destin. Se sentir pareil. La pluie tombe et claque contre le mur, le tonnerre, les éclairs, les voix arrivent et partent vite, les gens qui frappent les barreaux ou tapent sur les tuyaux.

Un ou deux amis avec qui vous pouvez parler de tout, c‘est quelque chose de très précieux, spécialement ici en prison. Restez collé à quelqu‘un tout le temps peut vraiment taper sur les nerfs – rien de surprenant. Mais être sans amis ici, je ne veux même pas y penser. On parle beaucoup, balançant des blagues cyniques sur le juge et partageons les nouvelles des autres. On joue aux cartes, parle aux autres prisonniers, et partageons tout les bonbons ou timbres qui passent à notre portée. Souvent nous parlons de nos plans pour le futur, une vraie joie : voyager, à la montagne, à la mer. Revoir des amis. Être capable de traverser une ville ou une forêt – sans murs, sans barbelés. Et des projet plus grand voient le jour : Comment nous pourrions créer une société qui se passe de prison ? Une société où chacun peut avancer et vivre de ses intérêt et de ses capacités, une société où les besoins seraient assouvis autant qu‘ils peuvent l‘être ? Une société dans laquelle les gens peuvent construire leur propre vie et avoir voix au chapitre de ce qui se passe autour d‘eux…
Il y a autre chose qu‘il me faut écrire : Par exemple, la première fois dans la cours, après un mois en prison : Avoir de nouveau une vue, le ciel, le monstrueux complexe de la prison à cent mètres, des fleurs écloses et des herbes hautes.
Ou peut-être sur l‘ambivalence de recevoir des visites : des amis, l‘excitation, une connexion au monde extérieur, la force et le courage, mais aussi l‘attente derrière, quand tout ce qui était proche il y a deux heures et dorénavant plus loin encore.
Quand je lis ce que j‘ai écris, je me rend compte qu‘il manque tant de choses. Il est clair que des mois en prison ne peuvent être décris en quelques pages. Ma voix va et vient, et avec elle mes pensées et mes opinions. Je ne peux qu‘aller au sommet de mon expérience. Dans l‘ensemble, je pense avoir été clair sur combien l‘aide est importante, la confiance et la solidarité de l‘extérieur. C‘est à la fois bon et important de savoir qu‘on est pas oublié, que nous ne sommes pas seul.
Avec ce soutient déjà on peut continuer.
Récemment quelques personnes sont montées sur un toit, à l‘extérieur de la prison. Ils nous ont appelé, déployé une bannière et crié des chants. Tout d‘un coup, il y avait des gens de l‘extérieur, pas si loin d‘ici, qu‘on pouvait voir depuis la cour de la prison. Dans la cours tout le monde était excité et tentait de déchiffrer ce que disait la bannière. Après quinze minutes, l‘épisode était terminé : Les gens du toit nous ont salué dans de grands mouvement de bras et sont rentrés chez eux. Mais cet événement vit encore dans nos mémoires.
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